Archives for the month of: novembre, 2009

Il y a des produits qui envahissent les distributeurs à ne vitesse étonnante. Cela cache généralement une grosse machinerie. C’est pourquoi je me suis étonné du débarquement en masse dans les établissements Horeca de Bruxelles de beaux présentoires pour un produit appelé VitaminWater. Comme le nom m’intrigait, en particulier pour un produit aux couleurs plus que chimiques, je me suis un peu renseigné.

Le petit fascicule, que je n’ai malheuresement pu trouver qu’en néerlandais, est déjà plein d’enseignements. Car si la petite histoire de la Vitaminwater, inventée en 1996 à New-York est bien sympathique, et qu’un fabricant au nom de Glacéau est mis en avant, les petits caractères au bas du papier nous indiquent que vitaminwater est une marque de… The Coca-Cola Company.

Un petit tour sur Wikipedia nous enseigne que Glacéau est un autre nom de la compagnie Energy Waters, fondée en 1996 et rachetée par The Coca-Cola Company en 2006. Selon Wikipedia, la compagnie resterait gérée de manière assez indépendante par son fondateur. Il semble néanmoins évident qu’il a bénéficié d’un petit boost financier et structurel pour lancer ses produits en Europe.

Mais qu’est-ce que c’est, finalement, ces vitaminwater ?

Des eaux vitaminée, colorée et aromatisée. Tout dans le ton montre que la cible visée est la population active jeune mais pas trop (les 20-35 ans ?), branchée et upper-class. Le ton employé est dynamique, pas trop conventionnel et pas trop rigide quand à la structure de la langue (pas de majuscule, je trouve ça très déconcertant). On vous propose donc des eaux aromatisées pour tous les moments de la journées : oublier une gueule de bois, se réveiller le matin, oublier le stress de la journée,… Le tout avec de délicieux cocktail de vitamines.

Quand on regarde la liste (impressionante) des marques de The Coca-Cola Company, on peut se demander si vitaminwater ne fait pas un peu doublon avec certains autres produits. Dans le portefeuille de Coca-Cola, on trouve quand même Aquarius, Gatorade, Nalu et Burn entre-autres boissons énergétiques. Et puis, on se rend compte en fait que le produit est assez novateur. Ce n’est pas une boisson destinée aux sportifs comme Gatorade/Aquarius, c’est pas une boisson destinée aux sorteurs comme Burn (un autre produit qui a vraiment envahi notre espace pubicitaire ces dernières années), ce n’est pas réellement comparable en termes d’image aux eaux aromatisées de certains concurrents plutôt présentées comme des produits « lights », des limonades de régimes, même si c’est sans doute de ce genre de produit qu’est le plus proche la marque vitaminwater, puisque le produit ne diffère que par son positionnement, pas vraiment par sa composition. On peut donc penser que la marque fait sens dans le porte-feuille pléthorique de Coca-Cola (même si je n’ai pas épluché les dizaines de marques locales dont dispose le mastodonte)

Est-ce que ça va marcher ?

Je ne sais pas… Vous en achèteriez-vous ? Des trucs qui au premier coup d’oeil ont l’air méga-chimique, dont le rapprochement avec les eaux aromatisées souvent assez infâmes est évident et qui veulent nous faire croire qu’en buvant des vitamines, on ressent dans la demi-heure des effets sur notre corps ? Moi, ce genre de produit, non merci. Mais comme je l’ai souligné, ce segment de marché est très peu exploité en Belgique et la machine marketing mise en place (basée sur une forte présence en point de vente et sur du RP – les girlgeekdinners de Bruxelles ont déjà pu en goûter en septembre) ainsi qu’un pricing intéressant (2,5 à 3 euros le demi-litre, comme un Aquarius) pourraient permettre au produit de percer. Vu le slogan (le call-to-action le plus évident qu’on puisse trouver : try it), on peut en tout cas supposer qu’ils ont confiance en leur produit et que le simple essais devrait leur ramener des clients fidèles. Je demande à voir (et si les filles bruxelloises qui ont gouté le produit ont un avis, il est bienvenu !)…

Normalement, cet article de blog aurait pu être sur le Café Numérique de ce mercredi qui parlait de Google (@olisushi en a déjà fait un compte-rendu). Mais la soirée du lendemain s’avère être tellement bonne que je ne pouvais que lui consacrer les quelques lignes qui vont suivre. Il s’agissait simplement du concert de themselves au Botanique.

Source : http://www.comfortcomes.com/

Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est à dire beaucoup, themselves est un des groupes du label/collectif américain Anticon. C’est un duo constitué de doseone (que vous avez pu voir dans plein de projets – CLOUDDead, 13 & God – et plein de collaboration – TTC par exemple) et Jel, surtout producteur et tête pensante de Anticon. Quand on connaît un petit peu les deux lascars, on s’attend à quelque chose de très bien en achetant la place pour leur concert. Mais ce que j’ai vu hier était plus que très bien, c’était une véritable claque musicale, une bombe. Et ceux qui me connaissent savent que j’utilise rarement ces mots.

Difficile de commencer quelque part pour décrire en quoi leur live était exceptionnel. Au final, ils sont deux sur scène sans autres instruments que quelques samplers, boites à rythme et l’un ou l’autre instrument de bidouillage électronique. Mais quand ils sont sur scène, on ne voit pourtant qu’eux. C’est sans doute le look « crète punk » de doseone qui attire le regard, mais c’est surtout les blagues, pas toujours facile à suivrent, qu’ils déclament entre chaque titre.

Et quels titres ! Sans en reconnaître aucun (je n’avais jamais écouté d’albums de themselves, en fait), la puissance qu’ils dégageent était impressionante. L’instrumentation électronique est principalement reproduite live. Elle est riche, sombre, écrasante, sans pourtant écraser le flow. Ce flow d’ailleurs devraient inspirer la plus grande humilité à la plupart des rappeurs (et je pense en particulier aux rappeurs français). Avec le débit d’une mitraillette, doseone assène mots et sons ciselés avec une assurance et une maîtrise tellement naturelle que cela en devient irréel. Son timbre si particulier lui permet en plus d’offrir une variété de sons originaux à ses paroles, qu’il modifie encore en live. C’est tout simplement parfait ! Certains regretteront de ne pas pouvoir comprendre les paroles, mais les sons sont tellement évoquateurs que cela en devient inutile, même si je ne doute pas que les textes soient assez engagés politiquement, comme dans l’ensemble des travaux de Anticon.

En plus de cet aspect technique remarquable, le propos artistique lui-même est formidable. Si le hip-hop du collectif a été qualifié d’abstract, d’intellectuel et d’avant-garde, themselves se fout de ces appellations. Leur musique est d’ailleurs emprunte de références aux racines du hip-hop (samples de cuivres parsemés, ligne de basse touchant parfois au funk) tout en les enrichissant en tout point. Cela donne l’impression que le groupe construit une musique qui serait l’aboutissement de ce que peut être le hip-hop, mais qui pourrait tout autant être sont origine. Si la musique peut au premier abord rebuter par sa complexité, une fois cette impression dépassée, themselves apparaît soudain comme une évidence. Le résultat n’a rien d’expérimental, il est juste riche.

Bref, au final, vous l’aurez compris, dès aujourd’hui, je n’accepterai plus le jugement définitif si souvent entendu « Le hip-hop, c’est de la merde » si la personne qui le prononce n’a pas vu themselves en concert.

Cela fait un certain temps que je n’ai pas nourri la série des albums qui ont 10 ans mais qui nous paraissent si proches. Je vais aujourd’hui rattraper cela avec un album de légende pour lequel j’ai une véritable affection : OK Computer, troisième album de Radiohead, sorti en 1997 (bon d’accord, ça fait un peu plus de 10 ans, mais c’est pas grave).

Il faut savoir que, quand on me demande de citer mon groupe favori, même si je déteste cette pratique, Radiohead est sans doute le nom qui sort le plus souvent. Ce préalable annoncé, il n’en reste pas moins que l’album OK Computer reste un opus acclamé pour tous et partout. Elu à de nombreuses reprises « Meilleur disque de rock », la force d’OK Computer est en réalité de dépasser les frontière du rock et de la pop comme cela n’avait jamais vraiment été fait à l’époque. Il est également puissant par sa consistance : du premier morceau au dernier, chacun trouve sa place dans une exploration des craintes des auteurs (Thom Yorke principalement, mais également Johnny Greenwood) dans la société moderne, globalisée.

L’album s’ouvre ainsi sur le remarquable morceau Airbag où chaque instrument répond à l’autre, de la ligne de basse accidentée à la batterie épileptique, des riffs de guitares aux sons plus électroniques. Un morceau remarquable en termes de cohérence qui s’enchaîne sur Paranoïd Androïd et Subterrenean Homesick Alien, eux aussi toujours aussi bien construits et nerveux, le dernier proposant quelque chose d’un peu plus grandiloquant. S’en suit le formidable Exit Music [For A Film], qui crée une ambiance d’une tristesse insondable et effectivement très cinématique. Ce morceau mène à des titres plus assagis, Let Down et la célèbre ballade Karma Police qui est très bien faite mais respecte plus les formats classiques du genre.

L’interlude Fitter Happier qui suit, où une voix déshumanisée évoque les plus grandes craintes des auteurs, est selon moi centrale dans l’album (en plus d’être remarquable d’un point de vue sonore), car elle ouvre la voie à deux titres particuliers : Electioneering, le morceau le plus rock avec une guitares extrêmement nerveuses puis Climbing Up The Wall, morceau glauque au possible qui répond un peu au Street Spirit [Fade Out] du précédent opus. Les trois morceaux qui suivent, plus pop, oscillent entre jolies comptines au fond assez glauque (voir le clip de No Surprises) et complaintes tristes qui est sans doute l’aspect musical qui déplaît le plus aux détracteurs de l’album et du groupe.

Au final, OK Computer reste inoubliable pour certains de ses titres qui n’ont rien perdu de leur pertinence, même si d’autres se comprennent et s’écoutent maintenant plus au sein de l’ensemble du LP que seuls. Est-ce le meilleur album rock de tous les temps, comme certains magazines anglais l’ont quelques fois affirmé? Non, car ce n’est pas un album de rock. Il amène déjà en sous-teinte la plupart des éléments qui vont constituer le tournant radical de Kid A et Amnesiac, leurs deux albums suivant beaucoup plus proches de l’electronica. Il s’agit donc d’un album de transition, plus qu’un sommet duquel on ne peut que redescendre, ce qui est finalement logique pour un groupe en constante évolution.

Pour écouter

Airbag : http://www.youtube.com/watch?v=8__vHs3xcR4
Climbing Up The Wall : http://www.youtube.com/watch?v=OWibEwJLzRs
Exit Music [For A Film] : http://www.youtube.com/watch?v=iHaaZ1IwH1g

On dit souvent que le combat pour le respect de l’homosexualité est gagné ici, au coeur de l’Europe. Sans vouloir comparer la situation en Belgique à certaines régions du globe, l’idée que la bataille contre la discrimination des homosexuels dans la capitale de l’Europe est terminée est une douce illusion. En Voici l’exemple par une petite fable franchement inspirée de fais réel.

L’homo et la musulmane

C’est donc l’histoire de l’homo, jeune garçon comme on en rencontre de nombreux en rue car il ne porte pas son orientation sexuelle sur le visage. Cet homo est amené à faire partie d’un groupe de personnes toutes différentes les unes des autres. Parmi elles, la musulmane qui porte elle son choix religieux sur la tête. La musulmane est convaincue et intelligente, et sa foi est profonde et véritable. C’est pourquoi, quand  l’homo lui parle de son orientation sexuelle, la musulmane semble fière de pouvoir lui dire qu’elle tolère son orientation sexuelle. Que celle-ci n’est bien évidemment pas compatible avec sa foi et le Coran, mais que chacun est libre de choisir sa foi, et que puisque l’homo n’est pas musulman, elle est tolérante de ce qui est forcément son choix.

L’homo et le maghrébin

Parmi ce groupe, l’homo rencontre également un jeune homme maghrébin. Il est très doux, très gentil et a un beau sourire. Comme il est un peu réservé, c’est plus tard que l’homo parle de son orientation sexuelle au maghrébin. Sa réaction a été la curiosité, avant tout. Les questions qu’il posaient étaient assez naïves et tournaient toutes autour d’une seule : dans le couple de l’homo, qui fait la femme ? Et comme il avait beaucoup de respect pour l’homo, le maghrébin supposait même, en particulier dans la relation sexuelle, que l’homo devait faire l’homme et que l’autre devait être la femme.

L’homo et le béninois

Dans ce groupe décidemment très riche, il y avait aussi un béninois. Souriant mais presque taciturne, le béninois appréciait beaucoup l’énergie communicative de l’homo. C’est pourquoi l’homo évita tout un temps de lui parler de son orientation sexuelle. Le jour où il le fit, le béninois en paru fort attristé. Passant de l’incompréhension, lui qui dit préférer ce qui est simple, au refus, puisqu’il regrettait de ne pas être de la gente féminine pour remettre l’homo dans le droit chemin, pour finir dans la tristesse pour l’homo, qui ne pourrait pas se reproduire.

La morale de cette histoire

C’est que les efforts pour promouvoir la compréhension et l’acceptation de l’homosexualité en Belgique doivent continuer. Il faut rappeler que l’homosexualité, c’est aussi simple que deux personnes qui s’aiment et que l’homosexuel ne doit être guérit de rien. Il faut rappeler que l’homosexualité n’est en rien liée au changement de genre et que ce même changement de genre n’est en rien lié au sexe. Il faut rappeler que les homosexuels veulent plus que de la tolérance, ils veulent leur parfaite et totale intégration dans l’ensemble des institutions de notre société, qu’elles soient politiques ou religieuses.

Si ce genre d’articles enfonce des portes ouvertes pour vous, tant mieux ! Mais je crois que pour beaucoup, il est encore bon de se retrouver devant ces quelques mots, et pour moi, c’est important de les rappeler, aussi naïfs peuvent-ils sembler !