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Mardi dernier, dans le cadre du concours Télé-Moustisque de web-journlalisme, j’ai assisté à une lecture par Carole Bouquet de textes d’Antonin Artaud au théâtre St-Michel à Etterbeek. J’ai trouvé la lecture mauvaise, et j’ai donc du mobiliser toutes mes forces pour en écrire une critique honnête (vous pourrez la retrouver très bientôt sur le site du Télé-Moustique).

Ma technique pour écrire une critique honnête ? D’abord, se faire une idée générale, dans le cas échéant, mauvaise. Et puis, chercher tous les éléments qui vont à l’encontre de cette idée générale et essayer de les mettre le plus en avant possible. De cette façon, on peut arriver à un article équilibré où les impressions négatives n’empêchent pas de voir le positif, et inversément.

Et bien, laissez-moi vous dire que cette technique, c’est de la merde, au même titre que la lecture de Carole Bouquet. La vérité, c’est que j’avais peur. Peur de me voir renvoyer à la face mon inexpérience et ma jeunesse, peur de me voir rétorquer la médiocrité du magazine pour lequel cet article était écrit. Peur de ne pas pouvoir assumer mon avis. Ici, je l’assume. La lecture des textes d’Artaud par Carole Bouquet était une catastrophe : ennuyeuse de bout en bout, totalement inaboutie en termes de qualité technique de base de la lecture, des textes extrêmement mal choisis et qui dressent un portrait caricatural d’Antonin Artaud, renforcé par la lecture monogamique qui en est faite.

Photo : Nicolas Perez de Arce

Pourquoi retourner ma veste, à présent? Parce qu’hier, j’ai assisté à une lecture également, « Nocturne de Chili », aux arbalestriers, à Mons. Il s’agit d’un texte de Roberto Bolaño mis en voix et en espace par Barbara Bua. Un prêtre chilien, incarné par Frédérique Dussenne, vit ses derniers moments et tentent de justifier les choix de sa vie. Avec son histoire, c’est l’histoire du Chili qui est racontée, de la prise de pouvoir par Allende à la dictature par la junte militaire du général Pinochet. Et le prêtre Ichabaché, rongé par des choix qu’il ne parvient pas à regretter, incarne à lui-seul la question : « Que peut-on y faire? ».

Le texte de Roberto Bolaño, adapté pour l’occasion par Barbara Bua, est une montée en puissance et en émotion à laquelle on ne peut pas résister. L’interprétation de Frédéric Dussenne de cet homme qui ne peut pas être mauvais malgré le fait qu’il n’ai pas été bon fleurte parfois avec le cabotinage mais nous emporte sans qu’on puisse réellement y résister dans la tragédie personelle du prêtre et celle de tout un pays.

Après cette lecture bouleversante, je ne pouvais plus me contenter d’une critique honnête de ce que j’avais vu le mardi précédent. Je ne pouvais plus cautionner la prudence et la politesse vis-à-vis d’une actrice et d’un lieu qui ont sans doute beaucoup de qualités, mais qui ont offert un spectacle désolant. Je devais me libérer, comme Ichabache, me libérer de cette insatisfaction et cette critique intérieure pour dire, à toute petite échelle, mais le dire quand même : oubliez Carole Bouquet, et si vous êtes libre ce soir, rendez-vous à Mons, aux arbalestiers, pour Nocturne de Chili. Vous n’aurez pas besoin de respecter le travail pour un nom écrit sur la fiche et une personne sur la scène, vous le respecterez tout simplement pour sa qualité et le plaisir que vous y prendrez.

Pluss d’infos sur le spectacle, et réservations : http://maisonfoliemons.be/Nocturne-du-Chili

En laissant la fureur des cyclistes du centre-ville d’un dimanche sans voiture, j’ai croisé dans la galerie commerçante de la gare centrale (entrée Madeleine) le nouveau format de vente de la chaîne de fast-food Quick, nommé Giant Bar. Comme il est toujours la bonne heure pour un Giant, je me suis empressé de tester le concept.

En termes d’expérience consommateur, la différence n’est pas fondamentale, mais quelques petites évolutions sympathiques sont à signaler. La disposition du lieu laisse peu de places assises et met au centre du lieu le bar dont il est question dans le nom. Je commande une formule On The Go (nouveau pricing comprenant un burger et une boisson ou une frite) avec le Giant classique et un coca. La carte est nettement plus réduite (fondamentalement, les burgers avec steak(s) de boeuf), mais propose de nouveaux produits (Junior Giant, Giant Pepper,…). Pendant que je me sers moi-même mon coca à la pompe à l’autre bout du bar, un jeune homme prépare devant moi mon Giant. L’opération dans son ensemble prend quelques minutes, et j’ai le temps d’attraper mon train le Giant et le gobelet à la main. Le burger était d’une qualité tout à fait identique aux standards de Quick.

Que penser de cette nouvelle initiative de la chaîne de fast-food belge. A priori, à la visite du lieu, j’aurais plus misé sur une version « urbaine » du fast-food. Service légèrement plus personnalisé (une seule caisse, préparation en vis-à-vis du client), petite salle avec tabouret haut pour une pause très rapide, carte simplifiée reprenant les essentiels et un branding un peu plus « upper class ». Il s’avère que, selon La Libre qui publie une interview de la directrice générale des opérations de Quick Belux, le concept est plutôt de créer le fast-food des lieux de passages : rapide et centré sur des produits à emporter. Et surtout, de taille nettement plus réduite nécessitant donc moins d’investissement et qui promet donc une rentabilité plus facile dans un contexte de crise qui limite les investissements.

Ce n’est pas la première fois que Quick tente de nouveaux formats : dans les années 90, la chaîne proposait des Quick Express (2 à Liège et 1 à Uccle ainsi que 3 en France dont 1 à Montpellier, le seul encore en activité) qui offrait une carte réduite mais plus large que celle des Quick Bar, mais vendait là uniquement à emporter. Le concept de Quick Bar serait lui-même pompé de Burger King qui a lancé des Whopper Bar en mars de cette année (le Whopper est le burger-phare de la chaîne américaine) qui proposent eux de customiser votre hamburger, ce qui serait tout à fait réalisable dans des structures comme celle des Giant Bar, mais fait tourner alors le concept vers ce que j’avais perçu, une version « urbaine » du fast-food, plus que vers le fast-food des lieux de passage.

Je trouve en tout cas l’idée assez séduisante, je n’ai jamais compris pourquoi les fast-food ne s’implantaient finalement que peu dans les lieux de passages, où ils pourraient capter toute une population en quête de nourriture rapide (ce qui est, il me semble, la nature du fast-food). De plus, le type de structure proposée pour le Giant Bar de la Gare Centrale me semble très agréable, même si j’ai quelques doutes sur son adaptation aux rush des heures de grande affluence.

Ca faisait assez longtemps que j’avais envie d’écrire cet article, mais la volonté me manque de ces temps-ci, après le travail de rédaction imposant du mémoire et le bonheur des lettres de motivation. Pourtant, j’avais envie de commenter la dernière campagne magazines de la marque Desperados.

Donc, oui, je vais parler d’une marque d’alcool, et je vais en parler en bien. Vous êtes prévenus les amis, si cela vous choque, pas la peine de vous attarder ici…

Desperados, une marque du groupe Heineken, est une bière vendue avec comme principale caractéristique d’être aromatisée à la téquila. Au même titre que l’ensemble des gammes Heineken, la bière fonctionne nettement mieux en France où Heineken a procédé à une extension de marque en proposant la Desperados Mas (plus légère) ou la Desperados Red (avec Guarana « énergétisante ») par exemple.

Cette gamme, avec le Panach’ et la Heineken, est la tête de proue des gammes les plus orientées vers les jeunes. Il faut bien dire qu’avec des noms comme Amstel, Perlforth ou Affligem, Heineken n’a pas dans son portefeuille beaucoup de marques avec lesquels conquérir les jeunes et les sorteurs. Avec Desperados, heureusement, le groupe dispose d’une arme bien affutée pour ce marché, grâce au produit bien sûr, une bière sucrée qui plaît généralement plus aux plus jeunes, mais aussi grâce à une communication un peu originale.

Dès le départ, Heineken s’est en effet associé à un collectif d’artistes appelé 9ème Concept pour réaliser le design, dit urbain, de la bouteille de Desperados. Ils ont prolongé cette action régulièrement, notamment en sortant en avril dernier une nouvelle série de bouteille Collector s’inspirant des tendances branchées en design (en l’occurence, la réappropriation du quotidien).

Et la dernière campagne magazine, dans tout ça. J’y viens. Cette campagne magazine, sans en connaître le plan média complet, me semble avoir été assez massive : beaucoup de titres, souvent jeunes comme Trax, Tsugi, Geek, ou moins jeunes et plus local comme un magazine de la ville de Lille, ont vu leur quatrième de couverture colonisée par une pleine page Desperados. L’intérêt de la campagne, c’est que les publicités étaient personnalisées pour chaque magazine. Mieux encore, la personnalisation a été réalisée par l’équipe graphique du magazine en question. Il faut admettre que c’est assez malin : cela permet de faire coïncider le style graphique de la publicité avec le style global du magazine. Quoi de plus logique finalement, puisque le paysage magazine est tellement segmenté et sélectif, que de fournir une création adaptée au micro-public de chaque publications.

Après, on ne peut pas dire que toutes les réalisations se valent ou produisent un résultat qu’on puisse considérer comme suffisamment spécifique pour avoir un impact supplémentaire par rapport à une pub identique sur tous les supports. Mais certaines réalisations sont assez sympathique comme celle pour le magazine Geek ci-dessous :

Bref, voilà une idée assez maligne pour éviter les aburdités et le incohérences qu’on observe parfois entre le contenu rédactionnel et la forme publicitaire. L’objectif, lui, reste le même : vendre (mieux) de la drogue légale.

C’est dans le cadre de Tour et Taxi (connu pour être un lieu très VIP) que se tenait vendredi 28 août la soirée de la RTBF destinée aux médias (mais dont la publicité est très largement réalisée auprès du grand public). Une soirée privée et gratuite sur invitation (un groupe Facebook donne la possibilité d’en avoir à la demande) avec des stars (comme Plastic Bertrand) au doux nom de RTBF DJ Experience.

Même si le concept pourrait paraître bancal, il faut admettre que dans la réalisation, la RTBF a plutôt assuré. Trois salles (dont une VIP) et trois ambiances sont ouvertes, et les moyens techniques pour rendre attrayants les hangars de Tour et Taxi sont impressionnants. D’un côté, la Screen Box avec ses écrans géants diffusant des images de la soirée filmées par un petit dirigeable. De l’autre, la Laser Box avec podium et lasers verts du plus bel effet.

C’est d’ailleurs sur cette salle que j’ai jeté mon dévolu afin d’écouter certains membres appréciés de la RTBF s’essayer au mix. Après Damien Van Achter (Community Manager) qui a confirmé le retour triomphant des 90’s sur les pistes, on aura apprécié Hugues Dayez (journaliste cinéma) qui a mouillé sa chemise pour concurrencer Plastic Bertrand avec des grands hits des années 80. Dans l’ensemble, la musique est inégale et manque d’homogénéité, mais la bonne humeur du public et l’ambiance contribuent à faire oublier ces petits écarts.

D’autant plus que du côté des bars, rien à redire, on est servi assez rapidement. Peut-être grâce au système de paiement électronique à l’aide d’une carte proton dédiée à la soirée à acheter sur place et recharger. Les quelques frais engagés et le prix un peu élevé de la bière (3 euros pour une Vedett en canette) iront dans les caisses de Cap 48 (ASBL luttant pour l’intégration des handicapés dans la société), ce qui nous donne bonne conscience pour en boire une de plus au calme, dans un transat à l’extérieur en regardant sur écran géant certaines des meilleures émissions de la chaîne nationale.

Si cette soirée avait été totalement commerciale, l’impression n’aurait sans doute pas été la même : au final, on a dansé sur de la musique mal mixée et peu recherchée dans un grand hall en buvant de la bière en canette. Mais la sympathie que l’on porte à nos animateurs favoris derrière les platines et le côté “belgitude” de l’initiative suffisent à emporter mon adhésion. Ce n’est probablement pas le cas de tous.

PS : je suis sélectionné parmis les meilleurs commentateurs du site Truvo.be. Si vous avez envie, vous pouvez voter pour moi sur ce site (3 pts pour Yann Lebout) et vous pouvez même jeter un oeil à ce que j’écris via ce lien. Je ne vous promets rien si je gagne, parce qu’il n’y a rien à y gagner ;)

Je ne suis pas un grand militant de la cause homosexuelle, et même si je me revendique proche des mouvances en lien avec les Gender Studies, je ne suis pas particulièrement revendicatif dans ce domaine. Il y a pourtant une absurdité qui m’a sans arrêt fait hérisser les poils dans le domaine des discrimations à l’encontre des homosexuels : l’interdication de donner son sang à la Croix-Rouge.

Or, il s’avère que pas plus tard qu’hier, M. Pascal Smets, Ministre de l’Egalité des Chances et parrain de la campagne de la Croix-Rouge pour le don de sang, fait son coming-out. Rien d’exceptionnel à cela, si ce n’est que cela remet en plein jour cette interdication (et son absurdité) : le parrain de la campagne pour le don de sang ne peut pas donner son sang.

Examinons de plus près cette interdiction. La Croix-Rouge justifie le fait de considérer les homosexuels masculins comme un groupe à risque grâce aux statistiques qui montrent que le Sida est nettement plus présent dans ce groupe social. C’est sans doute vrai. Mais qu’on ne mette pas en avant le risque sanitaire et la santé publique pour justifier cette exclusion : chaque poche de sang est testée quelles que soient les réponses au fameux questionnaire. Il s’agit bien d’une question d’argent : l’afflux de nouvelles poches issues des homosexuels masculins va entraîner des coûts pour les tester, et il est supposé qu’on trouvera plus de poche contaminée par le virus du Sida, donc inutilisables, ce qui fera augmenter le coût moyen de la poche de sang.

J’émets néanmoins une réserve par rapport à cette conclusion. Les vrais chiffres à comparer ne sont pas les chiffres de pénétration du virus dans la population homosexuelle par rapport aux autres, mais bien ceux du nombre de personne contaminée à leur insu. Vu que la communauté homosexuelle est, je crois, nettement plus sensibilisée et testé que la communauté hétérosexuelle, il est probable, je pense, que l’écart entre les deux populations soit nettement moins important qu’on pourrait le croire. Ce qui aurait donc un impact moindre sur le coût moyen par poche de sang. La Croix-Rouge base peut-être sa décision sur ces chiffres qui me semblent plus opportuns, donc je n’irai pas plus loin dans cette direction sans en savoir plus.

Car au-delà de ces questions de coûts, il me semble important de mener une réflexion plus globale. L’attitude de la Croix-Rouge me semble en effet dommageable en termes de discrimination mais également de santé publique. Je m’explique… Le fait d’associer une nouvelle fois l’homosexuel masculin et le Sida contribue à renforcer les stéréotypes gay = sida. Plus grave (ou peut-être pas plus grave, mais moins souvent évoqué), cela renforce également sans doute l’idée hétéro = sain. Or la progression du virus est actuellement tout aussi inquiétante parmis la population hétérosexuelle. L’attitude de la Croix-Rouge dans ce contexte me semble donc peu appropriée, si pas dangereuse.

Par ailleurs, la charge lourde envers les homosexuels concernant le Sida, si elle a bien fonctionné dans les années 90, montre à présent ses limites dans l’émergence et le gain en puissance des mouvements de Relapse et Barebacking. Cette émergence est bien sûr en partie due à l’idée – fausse – que l’on vit à présent aussi bien infecté que sain. Mais elle est aussi une réaction à la quasi criminilisation de l’homosexuel face à la propagation du Sida. Renforcer cette communication agressive à l’encontre des homosexuels n’amène plus tant des réactions comme « Ils ont raisons, il faut faire quelque chose, soyons très prudent » que plutôt des réactions « On en a rien à foutre, on préfère vivre notre vie, vous nous jugerez de toute façon », du moins dans certains milieux. En tout cas, on oberve une augmentation très nette du nombre de contamination ces dernières années.

Enfin, au final, je trouve réellement chocante la charge lourde des médias en faveur du don de sang quand on préfère finalement se priver d’un ensemble de donneurs potentiels pour des raisons de coûts. Car à n’en pas douter, les homosexuels « out », souvent de classes sociales et économiques en moyenne plus élevées, sont particulièrement dans le public-cible des donneurs.

Bref, pour toutes ces raisons, je pense que l’argument économique de la Croix-Rouge pour le maintien des homosexuels masculins dans la catégorie des groupes à risques est discriminatoire et participe probablement à des effets néfastes qui poussent la propagation du virus du Sida.

PS : je suis sélectionné parmis les meilleurs commentateurs du site Truvo.be. Si vous avez envie, vous pouvez voter pour moi sur ce site (3 pts pour Yann Lebout) et vous pouvez même jeter un oeil à ce que j’écris via ce lien. Je ne vous promets rien si je gagne, parce qu’il n’y a rien à y gagner ;)