Posts tagged ‘facebook’

janvier 15th, 2010

Facebook

J’ai vraiment envie d’écrire un article sur Facebook. D’une part parce que c’était le sujet du dernier Café Numérique, et que les présentation étaient intéressantes et variées, d’autre part parce que les déclaration du PDG de Facebook dernièrement ont pu en agacer certain. Le problème, c’est que c’est difficile de rajouter quelque chose de pertinent à tout ce qui a déjà été dit sur ce site. Et en plus, quand je parle de Facebook, j’ai toujours envie de dire « on vous l’avait bien dit ».

Honnêtement, les journalistes qui s’amusent à annoncer un changement radical de Facebook au niveau de la vie privée se foutent un peu du monde. C’est vrai que les options par défauts rendent actuellement Facebook beaucoup plus public qu’avant. Mais bon, cela ne change rien au fait que depuis le début, vous ne pouvez pas réellement contrôler ce que vous rajoutez à Facebook. Le réseau est ainsi conçu que vos contenus sont dupliqués, partagés, distribués ce qui rend impossible toute marche arrière une fois la publication. Vos contenus deviennent publics. Les évolutions successives depuis plusieurs mois (années ?) montrent que cette tendance a toujours été présente. Mais il devient urgent que les gens intègrent bien ce facteur primordial !

Maintenant, si les moyens ont changé, le fait de s’exprimer et s’étaler publiquement n’est pas neuf. Combien ne se sont-ils pas épanchés sur les libres-antennes radiophoniques, combien n’ont-ils pas fait tout pour leur minute sur RTL-TVI. L’envie d’être connu et si possible reconnu du public n’est pas venue de Facebook, l’outil répond juste à un besoin et l’amplifie de manière impressionante. Cette amplification est également un élément primordial à prendre en compte.

Et donc, quand vous dites quelque chose sur Facebook, c’est tout aussi public que si vous le disiez au micro de la RTBF. Sauf que ce passage de quelques secondes se retrouvent comme enregistré sur les cassettes VHS (ou les décodeurs Belgacom TV) de tous vos proches (et de pas mal de proches de vos proches). Plus besoin que quelqu’un soit devant son écran au moment où vous prononcez les mots, il peut les retrouver quelques heures ou quelques jours plus tard. L’effet d’amplification n’est donc pas de la même nature que les mots lachés au micro de AB3 (bon, ils font pas d’émission, mais faisons comme si), car ils vont toucher beaucoup de personne, pendant longtemps. Ils ne disparaîtront pas une fois prononcés. En fait, ils ne disparaîtront plus jamais.

Pour ces différentes raisons, il devient urgent et crucial d’offrir une éducation aux nouveaux médias aux jeunes et aux parents, mais à tout le monde également. Il ne faut pas avoir peur de Facebook, il est totalement contre-productif d’appeler au boycott face à des décisions de l’entreprise Facebook, puisque son produit répond à un besoin tellement imposant qu’un appel au boycott est aussi efficace que l’appel au boycott du chocolat. Mais il va devenir d’une nécessité absolue d’aider les gens à se servir de ces outils dans leur travail et dans leur vie privée.

En réalité, je suis d’accord avec Mark Zuckerberg, la manière dont on perçoit la vie privée évolue, et il est probable que les enfants qui surfent pour le moment sur Facebook n’auront pas la même vision que les quarantenaire qui s’y inscriront dans 1 an par dépit. Je ne crois pas qu’il soit utile de lutter contre ce phénomène (qui est finalement assez similaire en termes de changement de paradigme à ce qu’on a pu observer fin des années 60, début des années 70), je crois qu’il faut éduquer à cette transformation pour qu’on puisse en tirer le meilleur : plus de collaboration, plus de tolérance. Et plus de chatons.

novembre 16th, 2009

Stratégie sociale du salon Cocoon : Twitter au centre ?

Les médias sociaux, Facebook et Twitter les premiers, attirent depuis maintenant de nombreux mois les projecteurs des médias. Il semble donc logique que le regard des entreprises finissent par s’enflamer pour ces nouveaux outils de communication. Le salon Cocoon fait partie de ces entreprises belges au faîte des tendances. Mais est-ce que l’utilisation de ces outils est optimale ? Analysons…

Il faut bien avouer que Cocoon ne fait pas les choses à moitié : des grands panneaux publicitaires dans tous le pays avec, en bas du panneau, la phrase « suivez twitter.com/cocoonexpo et gagnez ». Pas écrit très grand, mais immanquable de la fenêtre de ma chambe. Il me semble, mais je peux me tromper, qu’il s’agit pour la Belgique de la première campagne d’affichage grand format qui mette en avant un compte Twitter. J’entends déjà les évangélistes du web glousser de bonheur. Mais il serait intéressant de prendre un peu de recul par rapport à cette stratégie.

Selon le dossier envoyé aux candidats exposants, le salon a accueilli plus de 90.000 visiteurs en 2008. Le nombre de compte actif sur Twitter en 2007  était estimé à 2000. En comptant une augmentation de 500% en 2 ans (c’est envisageable, même si c’est peut-être optimiste), on arriverait à l’heure actuelle à 10.000 comptes Twitter actifs en Belgique. On peut donc se demander si l’utilisation d’une plate-forme qui accueille environ 10% en nombre de l’objectif de fréquentation du salon est une bonne idée. Quand bien même la population de Twitter serait particulièrement dans la cible du salon, généralement, on utilise des supports de communication électronique susceptibles de toucher plus de gens que notre cible. Néanmoins, l’idée de faire suivre le compte pour offrir des cadeaux me semble une assez bonne idée : les gens choisissent de dialoguer avec vous parce qu’ils savent qu’ils peuvent y gagner quelque chose.

Bref, je suis très curieux de connaître la réflexion stratégique qui a poussé à indiquer le compte Twitter sur l’affichage du salon. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain et jetons un coup d’oeil au résultat concret. Et là aussi, on peut se poser quelques questions… Tout d’abord, les chiffres : 16 following / 20 followers / 26 tweets. C’est négligeable ! Quand au contenu, il est principalement néerlandophone (2 tweets sur 26 en français) et renvoie principalement à la page Facebook. Pas de dialogue, pas de concours pour gagner quoi que ce soit, contrairement à ce qu’annoncé sur l’affiche. On peut pas dire que la présence sur Twitter soit un point fort du salon. Du côté du compte Facebook, par contre, c’est un peu mieux. La possibilité de venir gratuitement un jour au salon en s’inscrivant à un événement, un compte qui répond aux questions qui lui sont posées sur son Wall, du contenu régulièrement posté,… Ca reste assez néerlandophone, mais c’est plus équilibré, et les contenus importants sont traduits (même si il est clair que le compte est géré par une ou des personne(s) néerlandophone(s) uniquement). Bref, on se demande pourquoi ne pas avoir fait la promotion du compte Facebook (qui bénéficie en plus tout à fait des nouvelles adresses personnalisées) plutôt que du compte Twitter sur les affiches, d’autant plus que c’est le cas sur le site de l’événement.

C’est bien beau de critiquer, me direz-vous, mais quoi améliorer alors. Il est d’abord important de se demander si le choix de Twitter était pertinent. Personellement, vu la développement actuel du marché en Belgique, je ne crois pas. Néanmoins, je crois au potentiel de Twitter comme support de dialogue et de promotion d’événements. Mais celui-ci doit alors s’accompagner d’une présence sur l’événements, d’un rappel du compte et d’un hashtag destiné à l’événements de façon a inciter les visiteurs à mettre en ligne leurs propres contenus et avis. Le compte peut ensuite servir à entamer le dialogue avec les visiteurs, à promouvoir certains contenus intéressants. Là, on est réellement dans une utilisation sociale du média alors qu’on est resté plutôt dans une utilisation type « espace publicitaire » dans ce cas-ci. Cela peut encore convenir pour Facebook, mais avec 600 fans de l’événement, on est encore loin du succès de foule et d’un aspect véritablement communautaire…

Malgré toutes ces critiques qui montrent que cette présence sur Twitter est peut-être loin d’être optimale, le fait qu’une entreprise ou qu’une agence se soit intéressée à l’outil et ai décidé à un moment de lui donner une place importante dans sa stratégie (même si cela n’a pas été assumé par la suite – d’autres exemples de ce type suivront prochainement sur ce blog à mon avis) est un signe qui montre que le service Twitter va finir par devenir un support sur lequel on finira par déployer des stratégies marketing pour y capter l’audience et la transformer en clientèle. Prêt pour la déferlante ?

février 17th, 2009

Facebook fait un pas de plus, un pas de trop ?

Voilà, je viens de passer une heure à effacer mes photos, enlever le marquage d’autres, me désinscrire de la plupart de mes groupes et de toutes les pages promotionnelles de Facebook. Pourquoi, me direz-vous ? Et bien parce que les conditions d’utilisation du site ont changé. Rien de révolutionnaire, je n’en aurais rien su si quelques articles de blogs n’avaient pas attirés mon attention (ici, ou encore ).

Bon, c’est vrai, le fondateur de Facebook s’explique et on comprend plus ou moins où il veut en venir. Néanmoins, je reste très sceptiques quand à ces nouvelles conditions d’utilisation.

Ce qui change par rapport à la précédente version, principalement, c’est le retrait de l’obligation de Facebook de supprimer vos données du réseau si vous vous désinscrivez du site. Cela implique évidemment que vous ne pouvez pas non plus effectuer ce retrait de donnée sur demande. En d’autres termes, et comme l’explique très bien Zuckerberg, quand vous partagez une photo et qu’elle atterrit sur le compte d’un ami, l’ami en question possède alors cette photo, et Facebook aussi. En soi, ce n’est pas très grave si cela ne permettait pas à l’entreprise d’utiliser ces données à des fins commerciales même quand vous quittez le site.

Vous mettez donc en ligne un article, une vidéo personnelle, quelques photos que vous envoyez à vos amis, et Facebook pourra en profiter tant qu’il en restera une trace sur leur réseau. Partager avec ses amis, c’est donc partager avec Facebook… La comparaison avec les services de webmail n’est pas entièrement fausse, mais elle diffère sur un point très important : un service de webmail ne peut pas utiliser les contenus transmis à des fins commerciales, même si ces données sont toujours présentes sur les serveurs du service après votre désincription.

Bref, sans que cela mette en cause ma politique personnelle d’ouverture aux nouvelles technologies de la communication, à l’ouverture et au partage de donnée sur le net, cela me fait néanmoins douter du contrôle que je peux encore avoir sur les données qui transitent pas Facebook.

Plus que cela, je me suis demandé si j’avais réellement besoin de Facebook, si je ne pouvais pas simplement supprimer mon compte pour limiter les dégâts. Mais je ne crois pas que cela soit réellement une solution. Se priver d’outils efficaces et répandus ne doit pas être une réponse à une menace sur la vie privée. Je me servirai donc désormais uniquement de Facebook afin de communiquer à des personnes des informations factuelles temporaires. J’y hébergerai le moins possible de données exploitables et je conseillerais à toute personne qui produit des documents sur lesquels elles souhaitent conserver des droits de ne pas les publier sur Facebook et de les retirer dès à présent du site.

En gros, Facebook va devenir pour moi une sorte de Caramail amélioré, ce mythique service qui a fermé ses portes ce week-end… Quand on compare à l’ambition de base du réseau social, il y a un écart, ou plutôt un canyon.