Archive for ‘review’

juillet 25th, 2010

Inception

Avant de commencer cette critique, je tiens à préciser que contrairement à beaucoup d’autres et malgré le fait que j’ai énormément apprécié The Dark Knight du même réalisateur, mes attentes vis-à-vis du dernier Nolan étaient relativement limitées. La faute à Leonardo di Caprio que j’ai toujours trouvé insipide, et simplement parce que les trailers centrés sur l’action ne me semblaient pas spécialement attirant.

Inception

Je n’ai donc pas été déçu d’Inception. Même si le film a de très nombreuses petites faiblesses. Le point fort du film est très certainement son idée scénaristique et la consistance de son univers. Même si certains essayent d’attaquer la cohérence de la théorie sur les rêves développée dans Inception, je trouve au final que les règles avancées sont cohérentes (bien que totalement fictionnelles et qu’il ne tente pas d’explication pseudo-scientifique). J’ai donc apprécié ce scénario en couches de rêves imbriqués qui permettent une complexité sympathique tout en offrant une certaine lisibilité de l’action. Rajouté à cela une image assez léchée, une musique plutôt réussie et un montage qui sert réellement le propos, et vous obtenez une oeuvre intelligente et agréable pour l’été.

Mais on est loin du chef-d’oeuvre à cause de menus défauts virant parfois au désagréable. Le premier étant la narration. Si l’idée scénaristique est très bien exploitée, le propos est lui totalement anecdotique. Que ce soit le thriller d’action ou les réflexions pseudo-psychanalytique du personnage principal, rien ne passionne vraiment. Si on rajoute à cela certains personnages baclés (le personnage d’Ellen Page notamment), un Leonardo di Caprio aussi monocorde qu’à son habitude et certaines longueurs dans les scènes d’action, et on obtient un film qui ennuie par moment. Rien de totalement rédhibitoire, un bon film, mais juste un bon film…

Temps d’écriture : 22 minutes

juillet 4th, 2010

Musique en vrac #4

Diplo ne serait pas encore fini ?

Je suis tombé par hasard sur une version leakée du prochain album de M.I.A., prévu à la sortie dans une dizaine de jour. Il faut bien admettre que j’avais été un peu refroidi par le deuxième single sorti après le petit buzz de la vidéo « Born Free » de Romain Gavras. Le titre XXXO peut en effet faire craindre que les producteurs de M.I.A. (Rusko, Diplo et Switch) avait définitivement basculé du côté facile de la Force, celui où toutes les voix sont vocodées et où les beats ne sont que des pâles copies de ce qui a déjà été fait. Je suis assez rassuré avec les autres singles et titres à venir, malgré la mauvaise qualité des enregistrements que j’ai pu écouter. Steppin’ Up confirme la tendance indus annoncée dans Born Free, Teqkilla ressemble à un bon gros délire mélangeant beaucoup trop d’influence pour être réellement dénombrée tandis que Lovalot s’annonce comme un tout grand morceau qui me fait penser au morceau lâché plus tôt cette année : Theres space for ol dat I see. Bref, je ne demande qu’à être convaincu par cet album. Cela éviterait que je perde encore un peu plus ma foi dans le music business…


M.I.A. – Theres Space For Ol Dat I See

Darwinisme de la distribution musicale

Vous la savez peut-être, la médiathèque de la communauté française avait inauguré, il y a quelques mois déjà, une formule d’abonnement pour accéder à ses collections. Le principe était simple : 20 euros par mois pour pouvoir garder 10 médias chez soi, quels qu’ils soient, pour la durée que l’on veut, du moment qu’on ne disposait pas simultanément de plus de 10 médias. L’heure des bilans venus, il apparaît que la formule s’est avérée très réussie, faisant non seulement tourner le catalogue de la médiathèque et sortir des médias oubliés, mais également augmenter le nombre d’utilisateurs de ces services, et donc augmenter les recettes de cette institution. Dès lors, l’offre qui était sensée se terminer continue jusqu’au 29 juillet et la Médiathèque annonce déjà une nouvelle offre pour prendre la relève, qui serait moins coûteux pour le service qui fait toujours face à d’énorme difficulté financière.

Je suis réellement très content d’apprendre le succès de cette offre, la médiathèque restant pour moi le moyen idéal de réellement faire des découverte musicale. Internet permet bien sûr d’avoir accès à un catalogue immense, mais s’il est impossible de passer à côté des dernières sorties de Justin Bieber et ses confrères, les petites perles même bien distribuées restent souvent introuvable sur la Toile. A la médiathèque, elles sont (presque) au même niveau.

Voir : http://archives.lesoir.be/culture-l-abonnement-forfaitaire-porte-ses-fruits_t-20100610-00Y04Z.html

Un autre projet solo d’un membre de Radiohead

Philip Selway n’est sans doute pas le plus connu des membres de Radiohead mais le batteur a pourtant sorti son propre album solo. Radiohead étant un groupe encore relativement uni malgré la grand présence du chanteur et leader Thom Yorke, la nouvelle m’est parvenue via la newsletter du groupe et j’ai ainsi pu écouter le premier titre de l’album à paraître en août « Familial ». Pour ceux qui regrette l’époque plus acoustique de Radiohead, ce premier titre appelé « By Some Miracle » devrait être un régal et on y découvre une voix ma foi pas désagréable ainsi que quelques bonnes idées dans les percussions (bon, ça c’est pas trop étonnant). Un sens mélodique également. Peut-être une bonne surprise de la fin de l’été !

By Some Miracle by Philip Selway

Temps d’écriture : 36 minutes

mai 16th, 2010

Les tables belges/brasseries de Bruxelles

La cuisine belge est totalement mésestimée. Elle est pourtant une cuisine jouissive, sans doute pas aussi fine et travaillée que la cuisine française, mais pleine de saveur grâce à l’utilisation de produits simples. A Bruxelles, il est possible de trouver quelques tables dans ce style assez sympathiques, en voilà quelques unes.

  • Viva m’boma

Impossible de ne pas commencer cet article par ce restaurant incroyable située Rue de Flandres, juste à côté de la place Sainte-Catherine et dans pas loin de tous les bars flamands si sympathiques de la capitale. Situé dans une ancienne boucherie dont le carrelage blanc au mur a été conservé, la salle est tenue par une famille bruxelloise sympathique et les quelques tables à l’intérieur et sur la terrasse en cas de beau temps sont toujours fort occupées. Normal, les langues de veau à la sauce verte sont une entrée absolument délectable tandis que tous les plats, de l’onglet de cheval et ses vrais frites à la boulette sauce tomate, sont savoureux au possible. En plus, il est possible de s’en tirer pour une somme relativement raisonnable. Pensez à réserver, le restaurant n’est pas ouvert tout le temps et il est plutôt fréquenté.

  • Mirabelle

Le cimetière d’Ixelles regorge d’établissement plus ou moins corrects dans le style « brasserie » mais la Mirabelle est sans doute le seul qui vaut réellement le détour. Ouvert souvent et tard, vous pourrez y déguster un ensemble de plats de brasserie et de plats belges traditionnels (chicon au gratin, rognons, stoemp saucisse et un excellent américain) dans une salle suffisamment grande pour être quasiment sûr de pouvoir trouver place même lorsque vous n’avez pas réservez. Le service est rapide et convivial, l’addition plus élevée que la moyenne des environs tout en restant raisonnable et les plats seuls capables de sustenter les plus affamés. C’est aussi pour ça qu’on aime la cuisine belge…

  • Houtsiplou

Est-ce vraiment une table belge ou de brasserie ? Sans doute pas, le Houtsiplou, place Rouppe, propose bien d’autres mets que les traditionnels stoemp saucisse, chicon au gratin et moules frites. Ils proposent de fameux véritables hamburger, des tartines ou des salades. Ce qui est sur, par contre, c’est que le Houtsiplou est bien belge. Les frites sont réellement délicieuses et le décor est tout en dessin rappelant l’histoire de Belgique (et même avant que celle-ci existe). Le service est peut-être un peu froid, mais vous pourrez manger-là plus ou moins à n’importe quel moment de la semaine, le tout pour un prix très raisonnable. Et ce, même si vous vous laissez tenter (si vous avez encore la place après le plat) par les desserts. Bref, une cantine peut-être, mais une de celle qu’on aimerait vraiment avoir au coin de sa rue pour pouvoir en profiter plus souvent !

  • Le Royal

Autre restaurant de la Rue des Flandres, mais plus loin vers Molenbeek, le Royal s’affiche comme une brasserie tendance, symbole de la reconquête de la bourgeoisie bruxelloise de ce quartier longtemps laissé en friche. A priori, je ne suis pas fan de ce genre d’établissement, en grande partie à cause de la population qui y traine. A raison d’ailleurs, l’établissement ne manquant pas à sa réputation : bruyant, surpeuplé de personnes qui veulent surtout se montrer avant de manger. Le service en pâtit d’ailleurs, il est un peu débordé, tandis qu’on peut difficilement profiter du cadre même si il a plutôt l’air soigné. Reste l’assiette qui vient rattraper ces menus défauts. La carte est longue et propose, à côté d’un nombre assez étendu de plats de brasserie (parmentier de cheval, carbonnade et banquette de veau entre autres), le lieu propose une carte branchée orientée cuisine « fusion légère » avec consonances asiatiques. C’est tout à fait bon, cela reste abordable (même si le fait de faire payer l’accompagnement à côté est assez vicieux et relativement peu justifié vu le prix global) mais cela reste dans les normes. Dès lors, je recommanderais plutôt la Mirabelle où la cuisine a un petit plus et où l’ambiance sera plus détendue. Maintenant, si vous recherchez un spot branché à Bruxelles, allez-y, vous ne serez probablement pas déçus…

Il y a bien sûr de nombreux autres endroits où on peut déguster de la cuisine de chez nous, mais voilà une sélection de ceux que j’ai pu tester. Nul doute qu’elle devrait s’étoffer au fur et à mesure de mes pérégrinations bruxelloises.

Temps de rédaction : 2 heures

mai 11th, 2010

M.I.A – Born Free

Avant toute chose, je ne suis pas friand du travail de Kourtrajmé et de Romain Gavras. Néanmoins, après avoir vu le clip Born Free tourné pour M.I.A et en ayant les souvenirs vagues du clip précédent ayant déclenché les mêmes passions (Stress pour Justice), j’ai tout de suite voulu écrire un article sur le sujet. Parce que, contrairement à ce que je lis beaucoup, je ne trouve pas que Born Free est dans la continuité de Stress. Au contraire, je le considère plutôt comme un changement d’approche.

Dans le clip Stress, Romain Gavras filme des jeunes gens noirs et beurs dans des scènes de violence urbaine totalement gratuites. Le clip finit par l’agression de l’équipe du film sur fond de bagnole brûlée. Ce clip est totalement apolitique et amoral, il n’y a strictement aucun point de vue, à mon sens, il est plus une expression concrète d’un fantasme de la violence extrême. L’accoutrement et les références à certains autres clips musicaux violents (Come To Daddy d’Aphex Twin) rende ce clip principalement cosmétique (ce que je considère être le cas de la plus grande partie du travail de Kourtrajmé).

C’est assez différent pour Born Free de M.I.A qui, derrière le trick des roux (autre manière de situer la scène dans le fantasme, comme pour les vêtements dans Stress), on ne peut nier la connotation politique assez forte du clip. Les militaires sont américains, les scènes sont tournées dans des lieux qui pourraient être Bagdad ou l’Afganistan. La violence n’y est pas gratuite mais bien dirigée vers un but. Au vu de tout cela, je trouve qu’on peut difficilement comparer Born Free qui est un véritable film politique avec Stress qui ne joue que sur des aspects visuels. Je ne doute pas que M.I.A y soit pour quelque chose, elle est nettement plus engagée que Justice. A l’époque, ce dernier groupe avait réfuté toute volonté politique, et c’est ce qu’on lui avait reproché. Ici, je ne doute pas que M.I.A ne réfutera pas la volonté de dénonciation des dernières guerres américaines.

Je n’ai pas contre pas d’avis sur la musique ou les qualités esthétiques du film. Mais j’attends avec beaucoup plus d’impatience le travail de M.I.A que celui de Justice (et je me fous de Gavras)

Temps d’écriture : 22 minutes

mai 8th, 2010

Nuits Bota : We Have Band – Piano Club – Tanlines

Dans la grande famille de Hot Chip, on connaissait bien le fils, Metronomy, et je viens de faire la connaissance avec le petit fils lors des Nuits du Botanique, hier. Il s’appelle Tanlines et bizarrement, il ressemble beaucoup à l’arrière grand-père, Liquid Liquid. Je n’irai pas jusqu’à dire que la boucle est ainsi bouclée. Ce serait d’une part accordée sans doute trop d’importance à un groupe dont la vertu est principalement hédoniste. D’autres part, c’est peut-être moi qui, dans une poussée de fièvre, a cru déceler dans le chant et la structure des morceaux les traces de leurs ancêtres cultes. Confirmation après écoute de leur CD.

http;//www.twitter.com/tanlines

Je ne parlerai pas de Piano Club, c’est la scène belge, et j’écrirai bientôt un article sur la scène belge. Comprenez en cela que ce n’est pas positif.

J’avais déjà vu We Have Band à leur précédent concert au Bota, et ils m’avaient laissé un souvenir agréable. Ici, ma bonne impression s’est encore accentuée. On les compare aussi à Hot Chip, et je trouve ça ridicule. D’abord, les 3 membres du groupe ont beaucoup de charisme, ce qui n’est pas le cas de Hot Chip qui a autant de présence sur scène qu’une huitre. C’est sans doute un détail, mais ça change tout au live. Ensuite, We Have Band est un groupe beaucoup plus simple. Truffé de bonnes idées dans la construction de leur morceau et dans le choix de leurs sons, mais sans aucune ambition révolutionnaire, sans aucun concept si ce n’est de réussir leur montée dansante. D’ailleurs, en réalité, le résultat est très différent. Hot Chip fait des chansons avec des mélodies assez construite, We Have Band fait plutôt des morceaux plus proche d’une construction techno. Bref, We Have Band se prend moins la tête, et comme ça fonctionne, on en redemande !

http://www.twitter.com/wehavebandtwitt

Temps d’écriture : 37 minutes (dont 10 minutes de visionnage de vidéo)

mai 1st, 2010

Un produit pour en vendre d’autres

Je n’ai, je crois, jamais parlé de Lady Gaga sur ce blog. Je vais rattraper ce manquement inacceptable. Non pas pour des raisons musicales, l’album de la star est extrêmement mauvais. L’écriture, la production  et l’interprétation sont pitoyables, et je ne vois même pas comment il est possible d’en disconvenir. L’intérêt de Lady Gaga est bien ce qu’elle fait voir plutôt que ce qu’elle fait entendre (ça tombe plutôt bien, non ?).

Il y a deux aspects dans cette dernière phrase, double aspect lié au double sens du mot intérêt. Lady Gaga est intéressante en tant que produit marketing de l’industrie musicale et elle est intéressante en tant que produit culturel de l’industrie du divertissement.

Ce deuxième aspect est visible dans ses nombreux clips (6 singles pour un album, c’est beaucoup). La plupart agissent en grande partie comme une auto-parodie de la société du divertissement. Les costumes ridicules, les références à la culture pop, même les mots vulgaires cachés derrière un bip alors que des femmes à moitié nues se trémoussent à l’écran forment, je trouve, un corpus visuel déroutant, intriguant, et qui me captive assez bien. Je ne me lasse ainsi pas du clip Telephone (avec la présence étonnante de Beyoncé dont l’image est pourtant assez éloignée de celle de Lady Gaga et de celle reflétée dans ce clip) et ses références à l’industrie du divertissement américaine à répétition (de Tarantino à Michael Jackson). C’est évidemment un pur plaisir hédoniste, je trouve ce clip très drôle, et je ne pousse pas la réflexion jusqu’à croire y déceler une quelconque réflexion, ce qui rend d’ailleurs la chose encore plus appréciable. Mais je ne peux pas croire que le résultat final n’est pas empreint d’un minimum de second degré, sans doute pas entièrement calculé.

Le premier aspect, par contre, est lui issu d’un calcul très malin. La place de Lady Gaga dans le marketing est tout à fait particulière, à mon sens. Elle a été développée comme produit marketing, clairement, pour faire face au vieillissement des publics de Madonna et autres Britney Spears, pour toucher un segment de marché plus jeune. Cela a très bien marché, je crois que cela n’a même jamais mieux marché (Britney Spears n’a jamais pu accéder à l’adhésion critique qu’a reçue Lady Gaga). Au point que Lady Gaga est passé en très peu de temps du statut de produit au statut de canal. Lady Gaga n’est plus tellement un produit qu’on doit vendre mais un moyen de faire vendre des produits. J’image très bien la manière dont la production d’un de ses clips est préparée : on fait un tour de table des annonceurs qui veulent investir et, en fonction de cela, on détermine un budget et on construit un scénario autours des produits à placer. C’est très visible également sur le clip Telephone (qui synthétise assez bien Lady Gaga, je trouve). D’un point de vue marketing, c’est évidemment génial tant que ça marche, puisqu’un moyen de promotion d’un produit (qui a un coût) comme le clip devient un revenu additionnel : Lady Gaga est payée pour faire sa propre pub (et celle des autres en même temps). C’est en réalité une forme de co-branding, mais très clairement à l’avantage d’une partie. Bref, je vous recommande de regarder ce clip et voir l’essence même de l’industrie du divertissement.

Temps d’écriture : 32 minutes