Archive for ‘musique’

août 28th, 2010

Impression: pluie sur macadam

Cet article devait être au départ un tweet « Vie de Merde ». Mon train entre la Gare du Nord et Schaerbeek s’arrête pendant 10 minutes sur les voies (alors que les 2 gares sont elles-même à 3 minutes de trajet), me déposant à la gare juste à temps pour être dans l’averse formidable lors de mon trajet à pied de 5 minutes qui sépare la gare de mon appartement.

J’étais donc assez nerveux quand cet espèce de parenthèse miraculeuse se produisit. Mon baladeur MP3 tactile commence à jouer le formidable morceau Ping Pong de Plastikman alors que je m’abrite sous le porche d’un immeuble. La rue est très calme, et la pluie danse sur le macadam, variant d’intensité comme en réponse au morceau que j’écoute. Les rafales de vents dessinent des vaguelettes de gouttes sur la rue et s’engouffre dans les interstices de mes écouteurs pour ajouter un son supplémentaire qui se fond parfaitement à la musique.

Le spectacle est hypnotique et, alors que je pense à sortir mon GSM pour filmer, voilà que l’averse se finit et que mes colocataires interrompent ma contemplation.

Au final, ce retard m’aura rempli d’une impression de plénitude que je ressens rarement. Merci la SNCB!

Temps d’écriture : 12 minutes

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juillet 4th, 2010

Musique en vrac #4

Diplo ne serait pas encore fini ?

Je suis tombé par hasard sur une version leakée du prochain album de M.I.A., prévu à la sortie dans une dizaine de jour. Il faut bien admettre que j’avais été un peu refroidi par le deuxième single sorti après le petit buzz de la vidéo « Born Free » de Romain Gavras. Le titre XXXO peut en effet faire craindre que les producteurs de M.I.A. (Rusko, Diplo et Switch) avait définitivement basculé du côté facile de la Force, celui où toutes les voix sont vocodées et où les beats ne sont que des pâles copies de ce qui a déjà été fait. Je suis assez rassuré avec les autres singles et titres à venir, malgré la mauvaise qualité des enregistrements que j’ai pu écouter. Steppin’ Up confirme la tendance indus annoncée dans Born Free, Teqkilla ressemble à un bon gros délire mélangeant beaucoup trop d’influence pour être réellement dénombrée tandis que Lovalot s’annonce comme un tout grand morceau qui me fait penser au morceau lâché plus tôt cette année : Theres space for ol dat I see. Bref, je ne demande qu’à être convaincu par cet album. Cela éviterait que je perde encore un peu plus ma foi dans le music business…


M.I.A. – Theres Space For Ol Dat I See

Darwinisme de la distribution musicale

Vous la savez peut-être, la médiathèque de la communauté française avait inauguré, il y a quelques mois déjà, une formule d’abonnement pour accéder à ses collections. Le principe était simple : 20 euros par mois pour pouvoir garder 10 médias chez soi, quels qu’ils soient, pour la durée que l’on veut, du moment qu’on ne disposait pas simultanément de plus de 10 médias. L’heure des bilans venus, il apparaît que la formule s’est avérée très réussie, faisant non seulement tourner le catalogue de la médiathèque et sortir des médias oubliés, mais également augmenter le nombre d’utilisateurs de ces services, et donc augmenter les recettes de cette institution. Dès lors, l’offre qui était sensée se terminer continue jusqu’au 29 juillet et la Médiathèque annonce déjà une nouvelle offre pour prendre la relève, qui serait moins coûteux pour le service qui fait toujours face à d’énorme difficulté financière.

Je suis réellement très content d’apprendre le succès de cette offre, la médiathèque restant pour moi le moyen idéal de réellement faire des découverte musicale. Internet permet bien sûr d’avoir accès à un catalogue immense, mais s’il est impossible de passer à côté des dernières sorties de Justin Bieber et ses confrères, les petites perles même bien distribuées restent souvent introuvable sur la Toile. A la médiathèque, elles sont (presque) au même niveau.

Voir : http://archives.lesoir.be/culture-l-abonnement-forfaitaire-porte-ses-fruits_t-20100610-00Y04Z.html

Un autre projet solo d’un membre de Radiohead

Philip Selway n’est sans doute pas le plus connu des membres de Radiohead mais le batteur a pourtant sorti son propre album solo. Radiohead étant un groupe encore relativement uni malgré la grand présence du chanteur et leader Thom Yorke, la nouvelle m’est parvenue via la newsletter du groupe et j’ai ainsi pu écouter le premier titre de l’album à paraître en août « Familial ». Pour ceux qui regrette l’époque plus acoustique de Radiohead, ce premier titre appelé « By Some Miracle » devrait être un régal et on y découvre une voix ma foi pas désagréable ainsi que quelques bonnes idées dans les percussions (bon, ça c’est pas trop étonnant). Un sens mélodique également. Peut-être une bonne surprise de la fin de l’été !

By Some Miracle by Philip Selway

Temps d’écriture : 36 minutes

juin 27th, 2010

La scène belge m’emmerde

Pourtant, ça avait bien commencé. Eden d’Hooverphonic m’avait enchanté et mené vers la découverte des grands du trip-hop anglais, l’album Fear Of The Flood de Lowpass laissait même espérer une véritable scène trip-hop industrielle belge de qualité,  Ghinzu animait des lives détonnants avec ses morceaux tirés de ses deux premiers albums assez excellents tandis que dEUS pouvait s’assoir sur 3 albums de grande qualité et sur une réputation excellente lui permettrant même une incursion pas trop ratée dans la musique électronique avec le projet Magnus. Leurs petits frères, Soulwax, avait pondu un deuxième album rock correct et on fait danser le monde entier, moi compris, avec leur projet de mash-up un brin putassier mais drôlement efficace « 2 Many DJ’s » suivi encore par leur meilleur album en groupe « Any Minute Now ».

J’en ai écouté, des pépites, venant de Belgique. Le premier album d’An Pierlé, qu’elle jouait presque seul, perchée sur son ballon transparent. Ces morceaux déstructurés, simple mais puissants. Les concerts assis de Girls In Hawaii où le batteur (paix à son âme) se défoulait sur une batterie électronique qui faisait perdre le côté insupportablement champêtre et sans ambition de leur premier EP, acheté à la sortie d’un concert. La première version du premier groupe d’Anthony Sinatra, Piano Club, bien plus directe et puissante que tout ce qu’il a pu faire par la suite et donc quelques chanceux gardent des traces sur des CDs gravés vendu 5 euros après le concert (avec une pochette photocopiée). Les concerts fiévreux de Starving où la Plaine de Dour se laissait aller à la grivoiserie de la chanteuse affirmant qu’elle a « envie de baiser », la deuxième édition de Riff’s & Bips à Mons où la chanteuse de Soldout, encore timide à l’époque, se faisait accompagner, sur scène, dans un moment unique, des musiciens de Ghinzu et de Superlux, avant d’ouvrir la voie à un side project encore inconnu de Sneaker Pimps, en perte de vitesse, venu se réfugier sous le nom I AM X sur le label belge BANG!, à l’époque encore innovant, avant qu’il ne se fasse phagocyter par PIAS. On pouvait même croire, à la sortie du Boutik Rock, que des collectifs comme Jaune Orange allait permettre l’émergence d’une scène de qualité en Belgique francophone.

Mais au fil des ans, on retrouve toujours les mêmes noms sur les compilations de Jaune Orange et au Boutik Rock, sans qu’aucun puisse réellement se produire ou se faire publier ailleurs. An Pierlé joue avec un orchestre de pacotille et les changements intempestifs à la voix d’Hooverphonic ont aseptisés les sons du groupe. dEUS est devenu le U2 belge, Soulwax ne fait que ré-éditer ce qu’il ont déjà fait, en moins bien. Ghinzu peine à se renouveler tandis que les deuxièmes albums de Superlux et Soldout sont des demis-plantages.

Mais ce qui marche bien est encore pire ! A côté de la scène « pop champêtre » menée par Girls in Hawaii et suivie par un nombre incalculable de groupes aussi inintéressants les uns que les autres, on assiste à des tentatives de rock garage qui ne convainquent que les ados prépubères (the dIPLOMAT, Hollywood Porn Star,…). Certes, il se passe de temps à l’autre, un truc plus ou moins intéressant de l’autre côté de la frontière si on dépasse le bourrin attitude de nos amis du Nord (Goose, Ths Subs). Mais bon, c’est loin d’être de l’ordre de la révélation musicale et cela tient plus du divertimento, que d’autre chose.

Reste à s’intéressez à des micro-initiatives vouées à rester méconnues et à être exclues des plus grandes scènes bruxelloises (et donc, encore plus, des scènes hors Bruxelles). Pour cela, on peut remercier les communautés flamande et française d’investir là où c’est susceptible de devenir rentable plutôt que de soutenir une véritable diversité et une scène musicale qui a un sens autre que l’entertainement pur.

Temps d’écriture : 24 minutes

mai 21st, 2010

… le matin du 20/05 sur Radio Campus

Je republie ici l’article écrit pour le site de Radio Campus. Il reprend ma playlist et les liens vers le site de la médiathèque des morceaux joués lors de mon émission de samedi matin.

Si vous avez des suggestions pour la semaine prochaine, n’hésitez pas ! Je serais ravi d’avoir des muses pour me chuchoter l’un ou l’autre bon morceau à passer à nos auditeurs…

6h30
Cocorosie – Noah’s Ark
Cirkus – Drugs of Choice
Tricky – Stay
Massive Attack – Atlas Air
Apparat – Hailing From The Edge

7h
Gusgus – Believe
Ra Ra Riot – Each Year (Absofacto Remix)
Sebastien Tellier – l’Amour et la Violence
Caribou – Foud Out
Gonjasufi – Made

7h30
Diplo Vs Sunday Girl – Four Floors
We Have Band – Oh! – titre téléchargeable gratuitement et légalement ici
Outkast – Happy Valentine’s Day
N.E.R.D – Lapdance
Antipop Consortium – The Solution

8h
themselves – Roman is as Roman does
Depotax – Elastik (feat. himself)
Two Fingers – Doing My Job
Dan Le Sac Vs Scroobius Pip – Waiting for the beat to kick in
Let’s go to war – Burn Down The Disco

8h30
The Rapture – House Of Jealous Lovers
The Faint – Agenda Suicide
The Dead Weather – Die By The Drop – titre téléchargeable gratuitement et légalement ici
DJ Hell – The DJ (feat. P. Diddy)

Temps d’écriture : 3 minutes (si on ne compte pas le temps d’écriture de l’article original)

mai 8th, 2010

Nuits Bota : We Have Band – Piano Club – Tanlines

Dans la grande famille de Hot Chip, on connaissait bien le fils, Metronomy, et je viens de faire la connaissance avec le petit fils lors des Nuits du Botanique, hier. Il s’appelle Tanlines et bizarrement, il ressemble beaucoup à l’arrière grand-père, Liquid Liquid. Je n’irai pas jusqu’à dire que la boucle est ainsi bouclée. Ce serait d’une part accordée sans doute trop d’importance à un groupe dont la vertu est principalement hédoniste. D’autres part, c’est peut-être moi qui, dans une poussée de fièvre, a cru déceler dans le chant et la structure des morceaux les traces de leurs ancêtres cultes. Confirmation après écoute de leur CD.

http;//www.twitter.com/tanlines

Je ne parlerai pas de Piano Club, c’est la scène belge, et j’écrirai bientôt un article sur la scène belge. Comprenez en cela que ce n’est pas positif.

J’avais déjà vu We Have Band à leur précédent concert au Bota, et ils m’avaient laissé un souvenir agréable. Ici, ma bonne impression s’est encore accentuée. On les compare aussi à Hot Chip, et je trouve ça ridicule. D’abord, les 3 membres du groupe ont beaucoup de charisme, ce qui n’est pas le cas de Hot Chip qui a autant de présence sur scène qu’une huitre. C’est sans doute un détail, mais ça change tout au live. Ensuite, We Have Band est un groupe beaucoup plus simple. Truffé de bonnes idées dans la construction de leur morceau et dans le choix de leurs sons, mais sans aucune ambition révolutionnaire, sans aucun concept si ce n’est de réussir leur montée dansante. D’ailleurs, en réalité, le résultat est très différent. Hot Chip fait des chansons avec des mélodies assez construite, We Have Band fait plutôt des morceaux plus proche d’une construction techno. Bref, We Have Band se prend moins la tête, et comme ça fonctionne, on en redemande !

http://www.twitter.com/wehavebandtwitt

Temps d’écriture : 37 minutes (dont 10 minutes de visionnage de vidéo)

mai 1st, 2010

Un produit pour en vendre d’autres

Je n’ai, je crois, jamais parlé de Lady Gaga sur ce blog. Je vais rattraper ce manquement inacceptable. Non pas pour des raisons musicales, l’album de la star est extrêmement mauvais. L’écriture, la production  et l’interprétation sont pitoyables, et je ne vois même pas comment il est possible d’en disconvenir. L’intérêt de Lady Gaga est bien ce qu’elle fait voir plutôt que ce qu’elle fait entendre (ça tombe plutôt bien, non ?).

Il y a deux aspects dans cette dernière phrase, double aspect lié au double sens du mot intérêt. Lady Gaga est intéressante en tant que produit marketing de l’industrie musicale et elle est intéressante en tant que produit culturel de l’industrie du divertissement.

Ce deuxième aspect est visible dans ses nombreux clips (6 singles pour un album, c’est beaucoup). La plupart agissent en grande partie comme une auto-parodie de la société du divertissement. Les costumes ridicules, les références à la culture pop, même les mots vulgaires cachés derrière un bip alors que des femmes à moitié nues se trémoussent à l’écran forment, je trouve, un corpus visuel déroutant, intriguant, et qui me captive assez bien. Je ne me lasse ainsi pas du clip Telephone (avec la présence étonnante de Beyoncé dont l’image est pourtant assez éloignée de celle de Lady Gaga et de celle reflétée dans ce clip) et ses références à l’industrie du divertissement américaine à répétition (de Tarantino à Michael Jackson). C’est évidemment un pur plaisir hédoniste, je trouve ce clip très drôle, et je ne pousse pas la réflexion jusqu’à croire y déceler une quelconque réflexion, ce qui rend d’ailleurs la chose encore plus appréciable. Mais je ne peux pas croire que le résultat final n’est pas empreint d’un minimum de second degré, sans doute pas entièrement calculé.

Le premier aspect, par contre, est lui issu d’un calcul très malin. La place de Lady Gaga dans le marketing est tout à fait particulière, à mon sens. Elle a été développée comme produit marketing, clairement, pour faire face au vieillissement des publics de Madonna et autres Britney Spears, pour toucher un segment de marché plus jeune. Cela a très bien marché, je crois que cela n’a même jamais mieux marché (Britney Spears n’a jamais pu accéder à l’adhésion critique qu’a reçue Lady Gaga). Au point que Lady Gaga est passé en très peu de temps du statut de produit au statut de canal. Lady Gaga n’est plus tellement un produit qu’on doit vendre mais un moyen de faire vendre des produits. J’image très bien la manière dont la production d’un de ses clips est préparée : on fait un tour de table des annonceurs qui veulent investir et, en fonction de cela, on détermine un budget et on construit un scénario autours des produits à placer. C’est très visible également sur le clip Telephone (qui synthétise assez bien Lady Gaga, je trouve). D’un point de vue marketing, c’est évidemment génial tant que ça marche, puisqu’un moyen de promotion d’un produit (qui a un coût) comme le clip devient un revenu additionnel : Lady Gaga est payée pour faire sa propre pub (et celle des autres en même temps). C’est en réalité une forme de co-branding, mais très clairement à l’avantage d’une partie. Bref, je vous recommande de regarder ce clip et voir l’essence même de l’industrie du divertissement.

Temps d’écriture : 32 minutes